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Catalogues anciens de grands magasins : ce qu'on y trouve vraiment

On collectionne les magazines pour leurs couvertures et leurs vedettes. Les catalogues de grands magasins, eux, n'ont ni l'un ni l'autre — et ils racontent pourtant bien mieux la vie quotidienne d'une époque. Un numéro de Jours de France montre ce qui faisait rêver ; un catalogue des Galeries Lafayette montre ce qu'on achetait vraiment.

Pourquoi un catalogue en dit plus qu'un journal

Un magazine sélectionne : il met en avant l'exceptionnel, l'actualité, la célébrité. Un catalogue, lui, est exhaustif par nécessité commerciale. Il faut tout y faire tenir : les manteaux et les casseroles, les jouets et les rideaux, du plus cher au plus modeste. C'est un inventaire complet du foyer d'une année donnée.

Résultat : quand on cherche à savoir comment on s'habillait, ce qu'on mangeait, comment on meublait une chambre d'enfant en 1966, le catalogue répond, et le journal se contente d'évoquer.

Ce qu'on y lit vraiment

  • Les prix, page après page. C'est ce que tout le monde regarde en premier, et c'est le plus parlant : le rapport entre le prix d'un manteau et celui d'une machine à laver dit l'économie d'un ménage mieux qu'une statistique.
  • Les matières et les tailles. Le nylon triomphant, la laine peignée, les mesures données en tour de poitrine — un vocabulaire disparu.
  • Les silhouettes. Les mannequins, les coiffures, les poses : la mode d'une saison, pas celle d'une décennie entière.
  • Les conditions de vente. Les délais de livraison, les facilités de paiement, les bons de commande à découper : toute la mécanique du commerce avant Internet.

Les grands noms du genre

Quelques enseignes ont marqué l'histoire du catalogue en France. Les Galeries Lafayette et Le Bon Marché publiaient des catalogues saisonniers, souvent épais de plusieurs centaines de pages. La Redoute et Les Trois Suisses, venus du textile du Nord, ont fait de la vente par correspondance un rendez-vous familial. Manufrance, la manufacture stéphanoise d'armes et de cycles, a produit l'un des catalogues les plus mythiques auprès des collectionneurs, tant son contenu débordait de son objet initial.

Ces documents étaient tirés à des centaines de milliers d'exemplaires — et c'est précisément pour cela qu'ils sont rares aujourd'hui : personne ne les conservait. On s'en servait, puis on les jetait à la parution du suivant.

Comment dater un catalogue sans date

Beaucoup de catalogues n'affichent qu'une saison — « Été », « Automne-Hiver » — sans millésime clairement imprimé. Quelques repères permettent de trancher :

  • La monnaie. Le nouveau franc entre en vigueur au 1er janvier 1960. Un catalogue libellé en anciens francs, ou affichant les deux valeurs côte à côte, se situe autour de cette charnière.
  • Le numéro de saison, souvent porté en couverture, se recoupe avec les collections connues d'une enseigne.
  • Les mentions légales en fin de volume : imprimeur, dépôt légal, adresse du siège, indicatif téléphonique — autant d'éléments datables.
  • Les produits eux-mêmes : l'apparition d'un modèle d'électroménager ou d'un poste de télévision donne une borne inférieure fiable.

L'état : ce qui compte, et ce qui ne compte pas

Un catalogue ancien en parfait état n'existe pratiquement pas, et c'est normal : ces volumes ont été feuilletés des mois durant, posés sur des tables de cuisine, annotés au crayon. Les collectionneurs expérimentés regardent donc surtout la complétude et la solidité du dos, pas l'absence de traces.

Les bons de commande découpés sont fréquents et ne dévaluent pas nécessairement un exemplaire — ils prouvent au contraire son usage réel. En revanche, des pages manquantes au cœur du volume, un dos décollé ou des taches d'humidité pèsent lourd.

Ce que nous avons en boutique

Nous chinons régulièrement ce type de documents. Actuellement disponibles :

Le rayon complet se trouve à la page Catalogues. Le stock tourne : chaque exemplaire est unique et part définitivement.

Les offrir, les encadrer, les consulter

Un catalogue ancien fait un cadeau redoutablement efficace pour qui s'intéresse à la mode, au design ou à l'histoire du quotidien. Certaines pages, une fois désolidarisées d'un exemplaire déjà incomplet, se prêtent à l'encadrement — publicités pleine page, planches de mode, illustrations de jouets.

Si vous cherchez plutôt à offrir une année entière, nos sélections année de naissance réunissent plusieurs titres d'un même millésime ; celle de 1966 contient d'ailleurs le catalogue Galeries Lafayette de cette année-là.

En résumé

Le catalogue est le document le plus complet et le moins conservé de son époque. C'est cette contradiction qui en fait aujourd'hui une pièce recherchée — et une lecture bien plus captivante que ce que son titre laisse supposer.

Publié dans: Presse & collection

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